Voyager pendant un an… Le bilan !

Un an de voyage et d’aventures se termine. Une incroyable année, probablement la plus belle et la plus intense de notre vie. Sans aucun doute la meilleure décision que nous aillons jamais prise. L’heure est au bilan.

Lorsque nous sommes partis nous avions besoin de prendre l’air. D’avoir du temps pour réfléchir hors de notre routine et des habitudes que nous avions depuis toujours. Nous avions besoin de voir ce que nous valions en dehors du cadre très serré de l’école. Je crois que nous ne nous attendions pas à découvrir autant de choses sur nous même, ni à vivre autant de beaux moments. Nous revenons avec de merveilleux souvenirs en tête mais surtout, avec le cœur plein de richesses, du genre de celles qui ne se trouvent qu’au fond de soi, celles qu’on ne soupçonne pas.

PRENDRE LE TEMPS

Je crois que c’est la chose la plus précieuse que nous avions en voyage, le temps. Le temps pour réfléchir, se poser les bonnes questions, mais aussi le temps de ne se poser aucune question. Respirer un peu de toutes ces interrogations dont semblent être faites nos vies. Souffler et se rendre compte que le calme et le silence donnent plus de réponses que les milliards de questions que nous nous posons chaque jour. C’est grâce au temps que nous nous sommes laissés que tout a pu se passer.

Nous nous étions donnés un an pour trouver la direction que nous voulions prendre dans nos vies. Loin du tumulte de la France, seuls, sans distraction, sans pression. Alors, nos vraies passions ont eu le temps de se révéler, de se confirmer et d’exploser. Et enfin nous les avons vu. Nous avons cessé de leur tourner le dos pour vaquer à des tâches que nous pensions à tort plus importantes.
C’était la vraie richesse de ce voyage, se donner le droit de penser, de réfléchir, de questionner, de mettre à l’épreuve tout ce en quoi nous croyions. Certaines de ces certitudes n’ont pas tenues mais tout ce qui reste est plus vrai et plus solide.

En Nouvelle-Zélande j’ai compris l’importance de ce temps. L’importance de l’employer de la meilleure des façons pour ne pas le gâcher. Nous avons vécu en un an presque plus de choses que depuis que nous sommes nés. Nous avons réalisé comme il est essentiel de l’utiliser à son maximum en faisant ce qui nous rend réellement heureux. Cesser de le gâcher en faisant des choses futiles qui n’apportent rien ou faisant des choses que nous croyons utiles mais qui nous gâchent la vie.

Tant que j’aurai du temps alors je persévérerai et ferai tout ce qui me rend pleinement heureuse. Parce que mon temps est compté et que je ne veux pas le gâcher. Parce que le jour où il sera épuisé je ne veux pas avoir de regrets. Je veux partir le cœur léger et passionné en me disant que j’ai utilisé ce temps que j’avais sur terre en vivant pour de vrai et pas uniquement parce que j’y suis obligée.
Loin d’être pessimiste je garde toujours en tête qu’un jour je mourrai. Je n’en ai pas particulièrement peur. Je n’y pense pas constamment, en tous cas pas comme une fatalité. Non, plutôt comme une réalité. Et précisément parce qu’il est limité, ce temps m’est très précieux. Je vis en sachant que si ce n’est pas aujourd’hui, ça ne sera peut être jamais et qu’il faut vivre chaque jour parce qu’il peut vraiment être le dernier.
Nous sommes arrivés dans ce monde et en partirons sans l’avoir décidé. Alors permettons nous au moins de vivre comme nous en avons envie !

« Ce qui me surprend le plus dans l’humanité ?
Les hommes…
Parce qu’ils perdent la santé pour accumuler de l’argent,
ensuite, ils perdent leur argent pour recouvrer la santé.
Et ils se perdent dans d’anxieuses pensées sur le futur
au point de ne plus vivre ni le présent ni le futur.
Ils vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir…
Et meurent comme s’ils n’avaient jamais vécu. »
-Le Dalaï Lama

REVENIR A L’ESSENTIEL

En Nouvelle-Zélande nous vivions avec le strict nécessaire. Quand on doit tout faire tenir dans une voiture on se contente du minimum. Nous qui avons l’habitude de vivre dans nos confortables maisons avec nos placards et armoires bien remplis de toutes sortes de choses, un tel dénuement est un challenge !
Même si certains jours on rêvait de notre confort, l’expérience a été plus que bénéfique ! D’abord on se rend compte de ce qui est vraiment nécessaire pour manger, dormir, se laver. On prend conscience de la valeur des objets quotidiens qu’on considère acquis.
Et puis on apprend à sortir de la bulle numérique des téléphones, ordinateurs auxquels on est collé sans arrêt. On regarde autour de soi et c’est à ce moment que tout arrive, quand on voit enfin l’essentiel, avec le cœur comme le disait si joliment Saint-Exupéry.

On apprend à vivre vraiment. Pour les moments, les souvenirs, les gens, les rencontres, les silences, les soleils levant, les fins de journée, les nouveaux jours… Vivre, parce que c’est ce que l’on devrait tous se donner le droit de faire. Vivre pour vivre. Sans aucun autre but que celui de vivre.
Vivre pour cet essentiel. Ce souffle de bonheur. Les montagnes, les plages, les rires, le souffle court en haut de la montagne, le sable dans les chaussures, la terre sous les ongles. Avoir mal aux pieds. En prendre plein les yeux. Avoir chaud au cœur. Se serrer très fort.
Observer les gens. Leur parler de leurs rêves. Se nourrir des autres. Vivre ses rêves à soi. Et finalement rêver plus fort.

OSER LA LIBERTE

Partir c’était aussi se réinventer. Se découvrir. Se laisser la chance d’être qui on est vraiment sans avoir peur de décevoir, choquer ou surprendre ceux qui nous connaissent et qui sont habitués à nous voir d’une certaine façon. C’était s’ouvrir à soi, s’assumer et revenir plus fort, plus libre d’être vrai.

C’était se libérer de la peur. De la peur d’être, de ne pas réussir, de ne pas oser. De faire ce qui est raisonnable parce que c’est comme ça que ça doit se faire. Parce qu’on ne sait jamais, parce qu’au cas où. Se rendre compte que la question n’est pas le diplôme, le travail, les possessions mais soi. En laissant de côté ces contraintes nous nous sommes découverts et avons trouvé ce qui nous faisait vibrer.
Jeff s’est découvert un incroyable talent pour la photographie. Il a toujours été quelqu’un de passionné. Il a toujours été curieux et désireux d’apprendre plus. Mais la photographie l’a rendu réellement heureux et fier. Il aime capturer la beauté qui l’entoure et il le fait tellement bien. Moi j’aime écrire. Raconter des histoires. Dire ce que je vois. Ce qui me touche et ce qui est important.

Certains diront sûrement que ça ne suffit pas d’être passionné et que dans la vie il faut faire un vrai métier. Je leur répondrai aujourd’hui que je n’ai pas encore essayé et que tant que je n’aurai pas la preuve qu’une passion ne nourrit pas alors je continuerai de tenter ma chance.
Je prends la liberté d’oser être moi. Parce que je suis la seule personne avec qui je vais passer l’intégralité de ma vie. La seule personne à qui je ne pourrai jamais échapper, à qui je ne pourrai jamais mentir.

MESURER SA CHANCE

Je le savais déjà, mais sûrement pas à ce point là. J’ai de la chance. Je suis née au bon endroit. Je suis en bonne santé et ceux que j’aime aussi. J’ai des amis formidables. Je ne suis pas à la rue. Je suis libre de m’éduquer et de m’informer. De voyager. De manger. De sortir. Je me sens privilégiée dans ce monde si noir.
Alors j’ai décidé d’arrêter de m’inquiéter pour tout et de faire une montagne des petits rien. Il est temps de relativiser, de laisser couler, de pardonner, de se concentrer sur le positif et d’exprimer chaque jour sa gratitude. En disant merci à ceux qui nous apportent de la joie, merci pour les grands accomplissements et les petits détails qui rendent la vie plus belle.

Nous avons également pris conscience de la nécessité de se rendre utile pour ceux qui en ont besoin. D’agir pour ceux qui ne le peuvent pas. De parler pour ceux qu’on entend pas. Déjà nos têtes fourmillent de milles idées et projets qu’ils nous tardent de réaliser. Pour tous les terriens, humains et animaux, pour la planète et parce qu’on n’imagine pas garder toute cette chance que l’on a sans la partager avec ceux qui n’en ont pas.

CROIRE EN SES REVES

En partant, nous avons réalisé un rêve. Voyager sans contraintes pendant un an. Ça paraissait fou, ça l’était sans doute un peu, mais on a réussi. On y a cru très fort et on a tout donné pour que ça fonctionne. Nous n’étions partis qu’avec peu de choses. Pas énormément d’argent, les économies d’étudiants. Mais beaucoup d’envie et d’espoirs.

Là encore il faut oser, ne pas se dire que c’est trop fou, trop dur ou trop idéaliste. Peu importe votre rêve, demandez vous ce qui pourrait vous arriver de pire si vous tentiez de le réaliser. Bien souvent les conséquences sont minces, un peu d’argent, un peu de temps. Mais au moins la satisfaction d’avoir essayé et d’avoir eu le courage de se lancer.

Et puis enfin se rappeler chaque jour que si tout ça a été possible une fois il n’y a pas de raison que ça ne puisse pas arriver encore. On a tous en nous la réponse à nos questions, la force de réaliser nos rêves et de s’affirmer tel que l’on est. Il faut y croire et se lancer. Ce n’est pas facile mais une fois qu’on a osé on ne se lasse plus de cette liberté.

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